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Déclaration CFDT au CCE SNCF, droit d’alerte économique sur le FRET Ferroviaire

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Transport ferroviaire, Ouverture de la ligne Cognac Le Havre par Naviland Cargo et Fret SNCFNous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre du droit d’alerte économique déposé par notre Comité Central d’Entreprise en mai 2012.

Rappelons tout d’abord que c’est une déclaration du président du CCE lors de la présentation des comptes 2011 de l’EPIC SNCF dans cette même instance qui est à l’origine de ce droit d’alerte économique. Déclaration à l’époque étonnante tant sur le fond que sur la forme puisque notre DRH n’hésitait pas à qualifier, en séance, «d’insoutenable» la dette de FRET SNCF pour l’EPIC, en totale contradiction avec ce que déclarait, alors, la Direction de SNCF GEODIS qui estimait elle que « Dette il y avait, et que Dette il y aurait toujours et qu’il fallait faire avec. »

S’en est suivit toute la procédure légale régie par les dispositions du code du travail et notamment l’article L.2323-78.

C’est donc bien dans le cadre de cet article que les organisations syndicales siégeant au CCE doivent émettre un avis sur le rapport de la commission économique du Comité Central de la SNCF consécutif au droit d’alerte sur la situation préoccupante de FRET SNCF.

Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble des chiffres présentés par le cabinet SECAFI lors des 4 commissions économiques du CCE, cela n’est pas le sens du débat de ce jour.

Nous nous contenterons d’en citer les grandes tendances :

  • Une diminution de la production industrielle Française et Européenne liée à une profonde crise économique depuis 2009
  • Une diminution de la part modale du Fret Ferroviaire en France au profit des autres modes de transports notamment routiers engendrant de fait une diminution du nombre de GTk transportés par Fret SNCF
  • Une contraction des effectifs et outils de production de FRET SNCF pour, selon l’entreprise optimiser les ressources de l’activité.

L’avenir de FRET SNCF aujourd’hui est très inquiétant mais si rien n’est fait, il deviendra catastrophique et cela ne sera pas sans conséquence pour notre activité de transporteur, pour le FRET Ferroviaire en général, le Transport et l’Economie. A ce jour, aucunes infrastructure routières, ni  transporteurs routiers ne sont en capacité d’absorber des pans entiers de trafics réalisés par le ferroviaire. Alors qui paierait la note, le contribuable pour la rénovation des routes ? Le consommateur avec une explosion des prix des transports répercutés directement sur le produit ? Le salarié qui verrait son emploi supprimé ?

Le rapport issu du droit d’alerte n’est en rien une révolution. Il confirme bien que FRET SNCF est en grande difficulté tant structurellement qu’économiquement. Il met en lumière à nouveau les carences politiques, gouvernementales et d’entreprises.

Pour la CFDT, ce bilan n’est absolument pas le fruit du hasard. Il est la conséquence de 3 grandes conjonctures défavorables à notre activité.

  • Tout d’abord, une incapacité gouvernementale à mettre en place une politique globale structurante des transports et de la mobilité visant à développer les transports de marchandises alternatifs à la route. En effet, nous sommes loin des objectifs du grenelle de l’environnement dans le domaine des transports et de la mobilité ou l’on parlait notamment d’une réduction significative de l’empreinte environnementale des modes de transports. Aujourd’hui, la route reste de loin le mode de transport prédominant malgré qu’il soit parmi les plus polluants.Du côté du ferroviaire, les locomotives diesels continuent librement d’assurer des trafics ou seul le point terminal au cœur de l’entreprise n’est pas électrifié. N’y aurait-il pas là, une possibilité d’aides incitatives aux entreprises à étudier l’électrification des embranchements particuliers ? Une politique de transport gouvernementale qui à travers ses différents Schémas Nationaux de Transports n’a fait qu’axer le ferroviaire autour du tout TGV pour satisfaire quelques ambitions politiques alors que dans un même temps d’autres privilégiaient leurs infrastructures autoroutières pour développer leur économie territoriale…  Le réveil a sonné il y a peu, on régénère massivement le réseau en espérant que chacun avale la pilule des retards d’investissements criant des deux dernières décennies…

 

  • Vient ensuite votre politique basée sur le « toujours moins ». Toujours moins de personnel, d’outils industriels. Les triages se sont fermés les uns après les autres, notre réseau détricoté semaine après semaine mettant à mal notre capacité de réaction au moindre sursaut d’activité chez nos clients. Comment parler du FRET de demain lorsque l’innovation permettant la conquête de nouveau trafic repose sur comment faire toujours plus avec toujours moins de personnel et d’outils ? Que dire aussi de votre position dogmatique consistant à, d’un coté, écarter l’idée d’intégrer les chaines logistiques de nos clients et de l’autre coté, vouloir imposer votre propre modèle de production accompagné d’une étiquette « à prendre ou à laisser » ? Que dire de votre refus d’utiliser la puissance de SNCF Géodis pour proposer un service de transport multimodale liant VFLI, FRET SNCF et nos filiales routières. Au lieu de cela, VFLI s’engraisse sur les dépouilles de FRET SNCF car lorsque les nouveaux entrants voyaient leurs tonnes/kilomètre progresser de 36%, VFLI lui progressait de 465%. Mais le plus grave est que ces parts de marchés gagnées, le sont exclusivement au détriment de FRET SNCF. Vous pourrez toujours nous dire que c’est une bonne chose, que les trafics restent au sein du groupe…, les milliers de cheminots reclassés depuis 2009, eux, ne le voient pas du même œil. Oui, Monsieur le Président, la CFDT se pose la question de la cohérence de la politique économique et industrielle au sein de la branche SNCF GEODIS et donc du groupe SNCF. Enfin, comment ne pas revenir sur votre politique RH qui n’a jamais permis de contribuer à un sentiment de reconnaissance envers vos salariés.

 

  • Troisième et dernier point de conjoncture défavorable et nous ne serions pas objectif si nous ne l’évoquions pas ici, celui de la conjoncture économique et industrielle européenne difficile à laquelle s’ajoute une iniquité concurrentielle au sein de l’activité du transport de marchandises. Personne ne peut le nier, l’orientation de plus en plus importante de l’économie vers le secteur tertiaire pose un problème, mais peut nous amener des potentiels de développement important. Il nous faut pour cela imaginer un autre fret ferroviaire de proximité au service de la population. Mais pour l’instant, les usines françaises sont à la peine, que ce soit dans la sidérurgie ou dans l’automobile, la production française est en grande difficulté portant inexorablement un coup au transport quel qu’il soit. Car tout le monde du transport trinque ! Comment imaginer un seul instant qu’un cheminot de FRET SNCF soit concurrentiel face au monde déstructuré de la route. Car aujourd’hui sur nos routes circulent des chauffeurs du Bangladesh pour des sociétés lettones sous traitante de DB Schenker ! Iniquité aussi au sein même de notre activité lorsque deux mêmes salariés exerçant le même métier ne sont pas soumis au même règles, aberration d’autant plus flagrante lorsqu’il exerce au sein d’un même groupe ! C’est pour cela que la CFDT revendique qu’aucun accord d’entreprise ne soit inférieur à la convention collective évitant tout dumping social.

La CFDT est inquiète, car au sein de ses 3 points, rien ne semblent vouloir évoluer.

Inquiétude lorsque l’on voit que le FRET Ferroviaire est le grand oublié de la réforme gouvernementale du système ferroviaire à venir.

Inquiétude lorsque l’on vous parle de mesures envisagées pour inverser la tendance, vous nous répondez conjoncture et évolutions structurelles de l’économie française

Inquiétude car l’Europe Sociale des Transports n’est pas encore pour demain.

Inquiétude car à l’heure ou la priorité de la CFDT est l’emploi, une disparition du FRET Ferroviaire français serait catastrophique en terme d’emplois, ne serait-ce que pour les 10000 salariés travaillant pour l’activité sans parler des emplois indirects notamment dans la filière industrielle déjà lourdement touchée.

Monsieur le Président, le FRET ferroviaire de demain ne sera pas celui que nous connaissions hier car le monde qui nous entoure continu à évoluer. La CFDT en est consciente et reste toujours prête à négocier pour sauver une activité qui reste pour nous l’un des poumons du tissu industriel français.

Mais pour cela, chacun doit jouer en toute transparence et honnêteté sa partition, et c’est là ou nous restons toujours autant sur notre faim…

Ce droit d’alerte économique doit être pour chacun d’entres-nous un outil de prise de conscience que notre activité mérite mieux que son sort. Nous jouerons notre partition, mais ne comptez pas sur nous pour être les complices silencieux d’une mort lente de notre activité.

Vous l’aurez compris, nous voterons POUR la saisine par le CA de la SNCF du rapport de la commission économique du CCE.

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Un commentaire

  1. Timocom dit :

    Comment le fret ferroviaire a t-il pu être oublié? C’est quand même quelque chose de très important pour l’économie française et pour les producteurs.

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